


Parce que si la house s'est peu à peu emplie de tout ce qu'elle pouvait trouver sur son passage, elle n'était pas encore aller fouiner du côté d'une certaine variété française regorgeant d'inventivité. C'est chose faite, et si Variety Lab porte si bien son nom, c'est que le travail de coagulation n'a pas juste consisté à faire de gros clins d'œil aux Carpentier, à cultiver le kitsch qui amuserait la galerie. Le laboratoire de la variété est d'abord l'étude de cette étrange musique, en rotation sur les ondes, qui peut parfois enchanter par son exactitude mélodique. Thierry Bellia a voulu recueillir la densité de ces refrains, la précision de ce savoir-faire, sans altérer l'actualité propos. Résultat concluant, le meilleur est sauvé, tout comme les artistes du Pop Art cristallisaient les reflets les plus mystérieux de la société de consommation.
On ne trouvera pas de savant fou dans Variety Lab. Pas plus que de dociles laborantins, d'ailleurs. De la house-music, concoctée à partir d'allusions à la variété française, tirant sur la lounge-music, élaborée aussi bien pour danser que pour une écoute apaisée.
Inutile d'en faire une thèse : Variety Lab, ce sont des jambes. Mais allez parler du rythme sans une attirance pour la métaphore. Expliquez simplement cette irrésistible envie de décoller de votre chaise pour voler en éclats sur un dance-floor. Il suffit d'écouter "Wonderful son" ou "London in the rain" pour se convaincre qu'il existe un secret dans les musiques électroniques qui résiste à toutes les analyses. Et Variety Lab respecte tous les protocoles en ce domaine. Les samples pourraient devenir des fragments d'une mémoire pour tous, tout comme la variété sait raviver les déjeuners sur la terrasse, une journée à la plage, le baiser d'une jeune anglaise.
La Variété Mode d'Emploi pourrait-on écrire. La Variété réinscrite dans le présent, pour notre bonheur à tous. Variety Lab ou la recherche du temps perdu... en dansant.
Matthieu Rémy